Samedi 29 novembre 2008
« Un homme partit en voyage en laissant sa maison …» (Mc 13,34) Chers paroissiens, peut-être partirez-vous en voyage à l’occasion des fêtes de Noël. Mais dès aujourd’hui, en ce premier dimanche de l’Avent, l’Église, comme une mère énergique, nous a pris d’office les billets du voyage intérieur de quelques semaines qui doit nous conduire aux pieds de l’enfant de Bethléem. Les rois mages ont aussi quitté un jour leurs contrées orientales pour suivre une étoile. Le peuple hébreu ne fut-il pas également, durant son histoire, en itinérance perpétuelle, d’Ur en Chaldée à la terre de Canaan, en passant par l’Égypte et la Babylonie, pour revenir enfin en Terre promise ? Nous sommes aussi invités, à la suite de tous ces chercheurs de Dieu, à nous mettre en route, en ce dimanche. Vous me répondrez peut-être qu’il ne s’agit pas de partir puisque le Seigneur lui-même doit venir, et qu’il s’agit simplement de l’attendre ! Seulement si nous attendons sans bouger, lorsqu’il arrivera, notre maison – comme celles du bourg de Bethléem en la nuit de Noël – sera trop pleine pour l’accueillir, pleine des soucis de notre vie quotidienne, pleine de nos habitudes, de nos certitudes, pleine de nous-même. Marie et Joseph, bien qu’ils attendaient la naissance de Jésus, ne furent pas dispensés de se mettre en route pour monter de la Galilée jusque dans les montagnes de Judée. Dieu ne pouvait-il s’arranger autrement pour la naissance de son Fils que d’imposer à sa mère enceinte un pénible voyage ? À l’arrivée il n’y eu ni la maternité locale ni même l’hospitalité des habitants pour accueillir le fils de Dieu, seulement la pauvreté de la crèche.

Avent rime donc avec dépouillement. Vous avez déjà songé aux décorations qui vont embellir votre maison lors des festivités qui approchent ? Oui nos maisons doivent être bien parées, et nous serons chaudement habillés. Mais songeons aussi aux parures qui conviennent à des baptisés attendant leur Seigneur : un plus grand silence en notre âme, une pauvreté dans nos désirs matériels, une plus grande charité pour nos frères en humanité. À l’aube de notre vie, Dieu créa notre âme silencieuse. Nous sommes le bien de Dieu, c’est lui qui nous a façonnés à son image ; « nous sommes l’argile, tu es le potier : nous sommes l’ouvrage de tes mains » (Is 64,7). Mais nous avons tôt fait de prendre possession des lieux, de laisser le bruit et les vains désirs envahir notre âme, ainsi que la suffisance qui nous fait oublier nos frères. Le bruit du monde est entré en nos âmes, et le silence de Dieu s’est échappé. Revenons au Seigneur et Il reviendra à nous. « Il a donné au portier l’ordre de veiller » (Mc13,34). Soyons donc des veilleurs pour l’humanité, creusons en nos cœurs le désir du Seigneur. Le monde attend la venue de Dieu ; et Dieu attend le repentir de l’homme. Nous sommes ces « serviteurs du Seigneur », ceux qu’Il a déjà comblés « de la grâce qu’Il nous a donnée dans le Christ Jésus » ; en Lui nous avons reçu « toutes les richesses » (1 Co 1,5). Notre monde qui se croit si riche est si pauvre de Dieu. C’est à nous d’attendre le Seigneur avec une amoureuse ardeur, d’espérer sa venue en nos cœurs et dans ce monde.
par Don Camille publié dans : Le Mot du Curé
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Dimanche 23 novembre 2008
« Quand le Fils de l’Homme viendra dans sa Gloire» (Mt 25,31) La liturgie de ce dimanche nous oriente vers le retour glorieux du Christ, vers les « fins dernières ». À ce sujet, un petit compte-rendu du pèlerinage paroissial du dimanche 16 novembre à Notre-Dame de Montligeon paraît tout à fait opportun pour stimuler notre réflexion sur le sort de humanité au terme de sa vie terrestre. Ce sanctuaire marial et l’œuvre qui lui est associée furent fondés au XIXè s. par le père Buguet. Ils sont dédiés à la prière pour les âmes du purgatoire. Cf. www.sanctuaire-montligeon.com Novembre est le mois de la veille des vivants pour les morts, ce à quoi nous exhorte la lecture paulinienne de ce dimanche si particulier, que don Camille nous donne en entier pour notre office des Laudes : « soyez sobres », termine l’apôtre. « Soyez vigilants », traduira don Camille, reprenant son exhortation de la Toussaint sur la nécessité pour nous d’être des veilleurs. Enfin, c’est également le mois où l’on fête particulièrement la Vie donnée par Dieu à tout humain, ce que rappellera l’archevêque de Rouen commentant l’évangile des noces de Cana : 520 litres de vins pour une deuxième partie de soirée, ça donne une idée de la surabondance de vie annoncée par le Christ dès le début de son ministère ! Mgr J.–Ch. Descubes ne mâchera pas ses mots pour réveiller les consciences  : « Seule la Grâce de Dieu rend l’homme digne de Lui. C’est pourquoi nul n’est propriétaire de sa vie ni de celle des autres. D’ailleurs, faire que l’on meure « dans la dignité » a toujours été la préoccupation de l’Église. Se réfugier derrière une décision collégiale (pour la mettre sous conditions humaines) n’est que l’aveu d’un doute. La vie se reçoit. Elle est un don de Dieu ! » On prie donc, à Montligeon, pour les âmes du Purgatoire, particulièrement les plus délaissées. Nous le ferons au cours de deux chapelets avec les Sœurs et au long de cette journée : à la Messe, à l’office de Vêpres, pendant l’adoration du Saint-Sacrement, dans chacun de nos gestes fraternels les uns envers les autres, dans le sacrement de la réconciliation ... L’après-midi, don Paul Préaux nous donne une conférence que nous résumerons en trois points :

1 - Le dogme du purgatoire : L’Église n’a pas attendu le XIIème siècle pour prier pour ses défunts. Dès l’ancien Testament, Judas Maccabée (2 M 12, 25-35) inaugure le sacrifice expiatoire pour les défunts. Avant la résurrection de Lazare, Jésus annonce à Marthe qu’il EST la résurrection et la vie. Le Christ a fait de la mort une brèche, un lieu de rencontre avec son Père (Jn 17, 24). Par la suite, les chrétiens ont toujours prié pour leurs défunts (Concile de Florence, St Jean Chrysostome …). Sur son lit de mort, sainte Monique dit à ses fils : « Peu importe le lieu de ma sépulture pourvu que vous vous souveniez de moi à l’autel du Seigneur. »

2 – Les Indulgences :A l'audience du 29 novembre 1999, Jean–Paul II revient sur le thème déjà abordé dans son audience du 4 août précédent sur le Purgatoire : seul le Christ est l'Indulgent auprès du Père. Demander des indulgences consiste à puiser dans les trésors du Christ afin des les répandre sur l'Église. Ainsi, le jeûne est une manière de se priver de quelque chose de légitime afin de l'offrir pour quelqu'un qui a détourné des biens créés par Dieu. Benoît XVI rappelle, quant à lui, que Dieu n'a pas voulu nous sauver sans nous (Spe Salvi, § 48). Nous sommes donc fondés d'offrir des demandes de pardon pour nos défunts. D'ailleurs, nos frères séparés n’ont jamais été contre les Indulgences en elles–mêmes. Ils se sont érigés contre la simonie, ce contre quoi l’Église elle–même a sévi avec rigueur. En revanche, l'offrande assortie à la Messe (gratuite, donc) demandée pour un défunt nous permet de nous associer à l'offrande du Christ lui–même. Il faut retrouver une spiritualité des biens matériels, d'autant que le fait de prier pour les défunts engage notre sanctification.

3 – La Communion des Saints : Elle commence dès cette vie, bien sûr avec la prière des vivants pour les morts, mais aussi avec l’intercession des défunts pour les exilés sur la Terre que nous sommes et s’accomplit dans l’amour fraternel, tellement vital pour chacun et pour toute l’Église. La charité fraternelle englobe tous nos prochains. Don Paul évoque l’admiration de l’évêque pour chacun de ceux qui savent visiter leurs parents âgés, leurs arrière-grands-parents …, sachant reconnaître de la sorte, avec gratitude, que la vie est un don. D'ailleurs, peut-on imaginer, interroge don Paul, sainte Thérèse de l’Enfant–Jésus interpellant sainte Gertrude en lui disant : « dis donc, je trouve que sainte Catherine de Sienne la ramène un peu beaucoup en ce moment ! » ?... Dès le début de son pontificat, Benoît XVI affirme que « celui qui croit n'est jamais seul » : jusque dans la mort, il est accompagné et attendu. Nous sommes reliés les uns aux autres. Pour naître au monde de Dieu, nous avons besoin de la Communion des Saints qui nous protègent, nous aiguillonnent, nous désirent. Spe Salvi § 46 cite 1 Co 3, 10-15 :  « Si l'ouvrage construit par quelqu'un résiste, celui–ci recevra un salaire ; s'il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui–même sera sauvé, mais comme s'il était passé à travers un feu. » Le Purgatoire, c'est la purification (de ce qui, en moi, n'est pas digne de Dieu) et la guérison (puisque je blesse en moi l'image de Dieu quand je commets le mal). D'où le mot du curé d'Ars : « Le Purgatoire, c'est l'infirmerie du bon Dieu. » Notons enfin le rôle singulier des serviteurs, premiers témoins du premier miracle à Cana. C'est aux serviteurs que le Père du fils prodigue enjoint de lui enlever sa tunique pour « revêtir l'homme nouveau ». Mais il étreint d'abord son fils. Ce qui fera dire à Mgr l'évêque de Nice : « Le Purgatoire est une étreinte d'amour. »
par Don Camille publié dans : Le Mot du Curé
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Samedi 22 novembre 2008
Juste un petit mot pour vous signaler la publication de l'annonce du week end d'aumonerie la semaine prochaine. D'autre part l'album de la Toussaint a été complété et un petit album pour l'évènement de Montligeon a été rajouté. Les annonces de la semaine et le mot du curé seront probablement disponibles dans la soirée. Bon Week End à tous.
par Olivier publié dans : Vie du Site
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Samedi 22 novembre 2008

Chers parents d’enfant de profession de foi, Chers amis qui préparez votre profession de foi.

Voici notre week-end d’aumônerie qui approche ! Cette année il se déroulera à Villedieu dans la salle de la mairie (celle à côté de la caserne des pompiers). Je rappelle que ce week-end fait partie du programme de préparation à la profession de foi, nous nous assurerons bien entendu que chaque jeune qui prépare sa profession de foi soit là, et montre ainsi sa volonté de préparer sa profession de foi. Pour vous donner une idée de ce qui vous attend, voici un programme du week-end :



Samedi 29 novembre.

15h00 Rendez-vous devant la salle.

Installation.

15h30 Jeu tous ensemble

17h00 Goûter

17h30 Enseignements

18h30 Chant

19h00 Prière des vêpres

19h30 Repas tiré du sac (chacun le sien)

20h30 Veillée

22h15 Prière du soir, coucher.



Dimanche 30 novembre.

7h30 Lever, toilette rangement

8h00 Petit déjeuner

9h00 Départ pour l’église.

9h30 Messe à Villedieu

11h00 Temps de réflexion / préparation repas

12h00 Déjeuner

13h00 Rangement, ménage

14h45 Prière de clôture à l’église

15h00 fin.




Nous voudrions rassurer certains parents qui pensent que l’encadrement est insuffisant durant les activités d’aumônerie : Nous satisfaisons parfaitement au cadre légal mis en place par le ministère de la Jeunesse et des Sports en cas de sortie et de week-end. La législation ne demande pas de déclaration pour une sortie ou un week-end auprès du ministère, je le fais auprès du diocèse pour l’assurance de l’aumônerie. Nous serons 2 aumôniers (je possède un BAFD : brevet d’aptitude aux fonctions de direction et don Henri le BAFA brevet d’aptitude aux fonctions d’animation), et plusieurs grands de l’aumônerie possédant également le BAFA. Une grande de l’aumônerie, ayant l’AFPS (attestation de formation aux premiers secours) prendra en charge le rôle d’assistante sanitaire. Si vos enfants prennent des médicaments, ils devront me les remettre en début de WE, pour que je les confie à l’AS (c’est la loi) qui les fera prendre à vos enfants.



Nous organisons et encadrons, par ailleurs, de nombreux camps. Le prochain, qui est justement proposé à vos enfants, se déroule du 28 février au 1 mars et regroupera de nombreux jeunes de diverses paroisses.



Néanmoins les parents qui voudraient venir nous donner un coup de main pour l’une ou l’autre des activités du Week-end sont les bienvenus (il faudrait juste nous avertir pour l’organisation).






Nous vous invitons à venir assister à la messe du matin, 9h30 c’est un peu tôt, mais elle va être belle avec vos enfants qui chanteront et l’animeront.



La participation aux frais du Week-end est comprise dans l’inscription payée en début d’année.






N’oubliez pas :

  • Un pique-nique pour le samedi soir.

  • Son classeur ou ses affaires d’aumônerie

  • Ses affaires de couchage (duvet et tapis de sol)



Nous nous tenons à votre disposition pour toutes questions complémentaires, et vous portons dans notre prière,

par Don Didier Marie & Don Henri publié dans : Aumonerie
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Dimanche 16 novembre 2008
 Compte-rendu par Liliane A-M

Avertissement : cet aperçu du 7ème colloque international de bioéthique qui s’est tenu à Paray-le-Monial du 8 au 11 novembre 2008 sur le thème : Maîtriser la vie ou servir l’homme ? ne rend pas compte des six conférences et des neuf ateliers sur dix (celui consacré aux actualités en bioéthique étant superflu pour nous) auquel notre petit groupe (Don Didier-Marie, Diane L., Sylvie H., Elisabeth D., Liliane A M) a assisté. Les actes de ces travaux seront disponibles dans cinq mois environ sur les sites www.amouretverite.org et www.bioethique.net : nous vous invitons à vous y reporter régulièrement ainsi qu’à nous rejoindre nombreux vendredi 5 décembre à 20 h. 30’ au presbytère pour les résumés de toutes ces interventions.

Samedi 8 novembre, dans la voiture, les langues vont bon train presque tout au long de ce parcours–aller. Les âmes ne sont manifestement pas redescendues du temps fort de la Toussaint et les interrogations autour de la mort, du deuil, du salut, du péché, des indulgences … fusent. Don Didier supporte avec une patience d’ange les trois pipelettes à l’arrière qui n’interrompront leurs échanges que pour le chapelet égrené sous la voûte céleste qu’elles contemplent à travers le toit panoramique de la belle voiture de don Camille. Le prêtre place la méditation des mystères joyeux dans la perspective du colloque : nous demandons au Seigneur l’humilité et l’esprit de pauvreté tandis que nous recevrons les enseignements comme un don à transmettre, avec délicatesse et respect, à nos frères et soeurs, la recherche de Jésus–Vérité en toute chose, l’obéissance à l’Église, même quand certains propos nous paraîtront rudes ou déroutants ...

Après l’accueil bienveillant de la supérieure du prieuré des dominicaines où nous allons passer nos nuits, suivi d’une visite à la basilique puis à la chapelle des Apparitions, nous allons faire enregistrer nos inscriptions et retirer le programme des trois jours de grâce qui nous attendent. Notre petit groupe bien rodé arrête aussitôt son plan de bataille : nous décidons de nous répartir dans les ateliers :

Atelier 1 : NaPro Technologie (procréation naturelle médicalement assistée) : Élizabeth,
Atelier 2 : Actualités en bioéthique : personne, vu la qualité de nos propres informations,
Atelier 3 : Le laisser mourir ? Décryptage de la loi Léonetti : Liliane,
Atelier 4 : Les méthodes d’auto–observation : questions qui fâchent – pourquoi un tel choix ? don D-M
Atelier 5 : Diagnostic anténatal, diagnostic pré–implantatoire : Diane et Sylvie,
Atelier 6 : La théorie du gender : Sylvie,
Atelier 7 : Comment guérir des blessures de l’avortement ? Diane,
Atelier 8 : Enjeux sociétaux : économie de la santé et respect de l’homme sont-ils conciliables ? Liliane analyse passionnante d’Élizabeth Montfort, ex–députée européenne bien connue de notre petit groupe, Atelier 9 : De quel droit l’Église peut-elle parler de bioéthique ? Diane, Élisabeth et Sylvie,
Atelier 10 : Les courants éthiques actuels : grille de lecture : don Didier–Marie, Élizabeth et Liliane.

On découvre également le programme des conférences dont on se répartir, les tâches comptes-rendus :

D. Folscheid (philosophe) : De nouveaux défis à relever. Ou le grand retour de Prométhée. C.-R. par Liliane.

Nico Forraz (médecin chercheur, Consortium International Novus Sanguis) : Bilans et perspectives de la recherche sur les cellules–souches. C.-R. par Diane.

Catherine Labrusse–Riou (juriste) : De quelques faces méconnues du droit de la bioéthique : les procès et décisions de justice. C.-R. par Élisabeth.

Paula La Marne (philosophe, chercheuse en éthique médicale) : L’épineuse question de la frontière entre sens et non-sens dans la pratique médicale. C.-R. par Sylvie.

Monique Lecoufle (infirmière, experte visiteur de la Haute Autorité de Santé) : Soigner au quotidien : comment se mettre au service de l’homme ? C.-R. par don Didier-Marie.

Mgr Michel Aupetit (Vicaire général chargé de la cellule bioéthique du diocèse de Paris, gynécologue-obstétricien) : Maîtriser ET servir la vie. C.-R. par don Didier-Marie.

Au dîner, c’est un ressortissant de Bruxelles–une–fois qui est assis à côté de don Didier–Marie ! Quand un belge rencontre un autre belge … On parle donc de l’Église de Belgique, puis de celle de France, puis de celle du Vietnam … Le temps s’écoule dans la bonne humeur. Le repas est copieux, le vin rouge, et les cœurs à l’unisson. Les choses sérieuses peuvent commencer.

C’est chose faite dès la conférence introductive de Dominique Folscheid. L’orateur débusque d’emblée la crise d’adolescence que traversent nos sociétés : le soi-disant « droit de mourir » entend s’imposer comme une revanche au « je ne voulais pas / je n’ai pas demandé à naître » donc j’avais le « droit » d’être avorté. Le « droit à l’avortement » est ainsi passé de la mère à l’enfant. En quelques décennies, l’injonction de l’enfant désiré (au lieu de l’enfant « uniquement » accepté) a fait le lit de l’enfant … indésirable ! Il y a désormais de mauvaises naissances, des naissances préjudicielles d’où dérive un « droit de retrait » que les autres peuvent exercer à ma place si je ne peux plus ou pas encore l’exercer moi-même. Mais que faire alors de la culpabilité liée à tous ces meurtres en puissance ou déjà assumés qui ne disent pas leurs noms ? En exiger la légalisation. C’est ainsi que technicine et moraline accablent désormais la France. « Technicine » : manipuler des termes techniques afin de s’en servir comme « poudre aux yeux » ; « moraline » : se payer de valeurs morales telles la générosité ou l’acte inspiré par « l’amour » …

D’autres orateurs reprendront ces thèmes ainsi que les défis que nous aurons à relever de toute urgence puisque vont s’ouvrir, début 2009, les Etats–généraux de bioéthique qui aboutiront à la loi révisée de bioéthique en 2010. (La loi de bioéthique de 1994 avait, en effet, admis le « principe » juridiquement aberrant de révision de la loi afin de l’adapter au contexte scientifique). La lettre au Conseil d’État de François Fillon expose en cinq points le contenu des lois de bioéthique concernées par ce grand « débat citoyen » : le diagnostic pré–implantatoire, la « gestation–pour–autrui », l’indemnisation des contraintes liées aux dons d’organes, l’anonymat du don et le régime encadrant l’utilisation des embryons surnuméraires et des cellules–souches embryonnaires. Or, ces lois de circonstances sont submergées par l’affectivité. Il est difficile d’élever le débat et de rappeler les principes fondateurs de notre civilisation. Les intervenants insisteront, par conséquent sur la nécessité de nous tenir informés des progrès scientifiques et, paradoxalement, sur celle d’éviter d’aborder la question de l’avortement afin de ne pas être exclus d’emblée du débat au programme duquel ce sujet n’est pas inscrit. D’autant que, depuis la loi Guigou qui a remplacé la loi Weil en 2000, le problème de l’avortement est directement lié aux affaires de PMA (procréation médicalement assistée) et la question devient : qui a accès à cette PMA ? Pourquoi ? Et à qui profite le crime ?

Certains parmi nous ont l’impression d’assister à une réunion de crise, à un Q.G. de bataille rangée. Une question traversera, par exemple, le colloque : comment faire entendre nos arguments ? Comment être efficaces ? Plusieurs médecins engageront les auditeurs à se constituer en associations d’usagers du système de santé, ainsi que sait le faire l’ADMD, afin de faire entendre l’autre son de cloche que celui véhiculé par les médias. Ils rappelleront à plusieurs reprises que « La bioéthique n’est pas une affaire de spécialistes mais de société », selon le mot de Mgr Pierre d’Ornellas, président de la commission épiscopale de la santé. Parmi des médecins, le docteur Nico Forraz qui expose avec brio la méthode de prélèvements de cellules–souches dans le sang du cordon ombilical qui permettrait actuellement le traitement de 85 maladies !

Les juristes se sentent sur la touche. Catherine Labrusse-Riou nous présente les impasses dans lesquelles ils se trouvent, tant au niveau de l’élaboration des lois que de leurs applications. Dans le cadre de ces dernières, elle pointera de véritables « fictions », dont elle donnera quelques exemples fameux, auxquelles les magistrats sont contraints de recourir afin de faire valoir leurs arguments de droit (et non pas leurs opinions, ce qui est du domaine du politique). Or ce droit, désormais aux prises avec des problèmes de représentations et de dénominations d’objets entièrement nouveaux voire fictifs (ex : le clonage), confine par moment à ce qu’une oratrice stigmatisera comme une véritable folie. Que faire, dans ces conditions ? « Rex judicata pro veritate abitur » : on fait comme si c’était la vérité ! Elizabeth Montfort, quant à elle, observe que « les hommes ont besoin de lois quand ils n’ont plus de mœurs ». On tue les principes par les dérogations qu’on apporte à chacune de nos lois. Depuis l’élection de 2007, dit-elle, la culture de débat participatif qui donne lieu à un consensus dans les organismes supra–nationaux a contaminé la France. Ce consensus n’a malheureusement rien à voir avec celui, moral, éthique, de Benoît XVI, fondé sur les droits fondamentaux qui ne sont autres que ceux énoncés dans le Décalogue et rappelés dans la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948. La loi doit rester universelle, garantir le bien commun et celui des personnes et respecter les traités qu’elle a signée – tel celui d’Ovieto, signé dans le cadre du Conseil de l’Europe, qui consacre l’intégralité, l’identité et la non–patrimonialité comme constituants de la dignité humaine.

Parmi les armes de l’adversaire, figurent en bonne place les fameux pièges du langage dénoncés par plusieurs intervenants. On nous en donne quelques exemples croustillants : « transfert nucléaire » au lieu de clonage, « gestatrice pour autrui » au lieu de mère porteuse, « déplacement international » plutôt qu’exportation d’embryons, « corps par destination » pour une prothèse dentaire jugée indispensable à la vie d’un justiciable !… On parlera également de « donneur à cœur arrêté » pour essayer de contrer l’idée, déjà inscrite en droit européen, de « mort potentielle » … Sans oublier le fameux « droit à l’enfant » et, pourquoi pas, à l’enfant–objet (« bébé–médicament » )

Les philosophes confirment la contamination de nos sociétés encore empreintes d’un reliquat de droit naturel hérité d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin, par le droit positif anglo-saxon qui met la société sous le coup d’un « droit de créance » obligeant des créanciers et des débiteurs particuliers en lieu et place du droit naturel de liberté qui ne tolère pas d’exception. Paula La Marne rappelle que la vie est plus que le vivant. Le terme « dignitas » exprime l’idée d’éminence. « L’humanité est dignité » dit Kant pour qui il est impossible de déchoir une personne humaine « sans porter en quelque sorte atteinte à sa sainteté » C’est une valeur intrinsèque (et non pas relative). Elle est profondément ancrée dans la confiance implicite dans la nature humaine. Dès lors, le seul problème dans toute action humaine (de soins, d’éducation, politique), c’est de trouver les moyens adaptés à l’évidente finalité. Pour faire valoir la dignité, il faut donc partir du désir humain de respect. Dans tout homme, subsiste la confiance qu’on se respectera les uns les autres : « affectio societatis » en droit (on compte sur l’honnêteté des associés). La dignité, c’est le respect de l’être-là.

Le versant pratique du débat est brillamment incarné par Monique Lecoufle. L’infirmière rappelle que les professionnels de santé doivent soigner, prendre soin, et pas seulement traiter. Elle rappelle ce qui appartient au « rôle propre » des infirmières, c’est-à-dire les « soins de base » (Benoît Pain rappellera, par exemple, que la loi Léonetti autorise la proportionnalité de la nutrition et de l’hydratation : ils ne constituent des « soins de base » que s’ils sont donnés par voies naturelles) + la « prévention des risques ». Elle résume la démarche d’ « humanitude » envers les patients, faite d’un délicat équilibre entre pouvoir et peurs, de l’art de s’aguerrir sans s’endurcir, de la manière d’accueillir notre vulnérabilité tout en demeurant ferme sur nos valeurs. La question cruciale pour le soignant est : accepte-t-on d’être serviteur ? Autrement dit : « Qui est mon maître ? » Pour l’intervenante, la bonne réponse est celle de saint Camille qui voyait dans toute personne soignée Jésus lui-même.

La dernière conférence sera le fait de Mgr Michel Aupetit, vicaire épiscopal chargé de la cellule bioéthique du diocèse de Paris et gynécologue–obstétricien dans une vie antérieure. Il entend répondre à la question qui a traversée tout le colloque : « Comment avoir un argumentaire qui marche ? » et oppose, pour se faire, le mythe de la Genèse à celui de Prométhée qui avait ouvert la session. De par sa raison, dit-il, l’homme a toujours voulu penser le Bien. Or, la mondialisation entraîne une « éthique » procédurale parce que, d’une part, la mondialisation n’a pas, empêche ou compromet le temps de trouver la vérité et, d’autre part, entraîne dans son sillon le relativisme consécutif au pluralisme des cultures. On a donc affaire à une société de contrôle avec la fonction nouvelle de l’expert qui connaît et vérifie les normes. On peut donc inventer le « projet parental » (ce bébé fait pour le plaisir de maman et l’ambition de papa, non fondé sur l’amour mais sur les conditions factuelles du bonheur) dont nous protège, heureusement, le projet divin, lequel n’oblige pas mais accomplit quelque chose qui nous rend heureux. En conclusion, Mgr Aupetit rappelle le commandement d’Exode 23, 2 : « Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal ». Dans le mythe de la Genèse comme dans celui de Prométhée, l’homme veut se faire comme Dieu en mettant la main sur la vie, ce qui est toujours mortifère. Or, il s’agit de « choisir la vie » (DT 15) A cela s’ajoute le commandement spécifiquement chrétien : « Aimez-vous les uns les autres comme JE vous ai aimés » c’est-à-dire : plus fort que « comme toi-même » ! Prêcher par l’exemple est plus important que l’argumentation. La beauté, c’est quelqu’un qui vous regarde avec amour. Une auditrice commentera : « Ne parle pas de Dieu si on ne t’interroge pas mais vis de façon à ce qu’on t’interroge ».

« En marge de la manifestation », comme on dit, des contacts se prennent, des informations s’échangent. Notre petit groupe montoirien, déjà bien rodé, ne se rassemble plus que quelques instants par jour afin de rencontrer, le reste du temps, ces inconnus, médecins, étudiants en médecine, infirmières, chercheurs, mères de famille, souffrants en tous genres, membres d’associations, correspondants de presse, enseignants, prêtres … qui nous frôlent et qui ont tant à nous apprendre. La quantité et la qualité du public jeune sont particulièrement impressionnantes ainsi que leurs prestations musicales soignées au sein d’une liturgie particulièrement recueillie.

Comment ne pas évoquer, à ce propos, la « soirée miséricorde » qui constitue, chaque année, le point d’orgue personnel de tout participant au colloque de bioéthique de Paray–le–Monial ! Pour don Didier–Marie, confessions jusqu’à minuit et demi, ce lundi soir … Pour d’autres, longues prières et chants méditatifs, confession et/ou échange avec un « groupe de miséricorde ». Pour tous, un témoignage passionnant d’un responsable de l’Arche de Jean Vanier sur le handicap. L’orateur nous invite à contrer absolument l’injonction du « zéro défaut » tous azimuts (dans le monde du travail, dans le domaine de la procréation …) : il nous faut « passer d’une logique de compétition, qui nous épuise, à une logique de communion ; d’une logique d’efficacité à une logique de fécondité ; d’une logique d’individualisme à une logique de communauté. La finalité ne doit pas être l’autonomie mais la communion ». Et de citer le Cardinal Wychinsky : « Les pauvres sont l’Église » et saint François de Sales : « Pousse là où Dieu t’a planté ». Mais le mot de la fin appartiendra aux handicapés eux-mêmes : « Toi et moi, on est pareil : on a les mêmes différences … » ou : « Dans ma communauté, il y a des gens qui sont handicapé mental et il y a des gens qui son handicapé normal !»

A quelques heures du départ, ultime visite à la chapelle saint Claude la Colombière, à deux pas de celle des Apparitions. A 35 ans, saint Claude La Colombière avait, selon sainte Marguerite-Marie, « d’un cœur tendre, le don d’attirer les âmes ». Tandis qu’il entre en agonie, elle lui fait parvenir un billet : « Notre Seigneur m’a dit qu’il voulait le sacrifice de votre vie à Paray-le-Monial ». Son transfert à Vienne pour soins nouveaux est donc annulé et le saint prêtre meurt le 15 février 1682, sans acharnement thérapeutique ...

Pendant le trajet du retour, don Didier–Marie nous invite, dans la méditation des mystères du rosaire, à rendre grâces pour tout ce que nous avons reçu dans ce colloque et qu’il s’agit de ne pas retenir en nous ; nous demandons à Dieu de savoir trouver la parole juste, qui sache encourager et réconforter nos frères et sœurs en détresse qui nous ont si fortement interpellés. Puis chacun se prépare à retrouver son quotidien. A notre arrivée à Montoire, dans le presbytère désert pour cause de Saint-Martin, le temps reste suspendu entre la contemplation dont nous sortons et l’action qui déjà nous presse.
par Liliane publié dans : Formation
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Présentation

  • : Paroisse de Montoire
  • : Notre Paroisse fait partie du doyenné du Vendômois au sein du diocèse de Blois. Monseigneur Maurice de GERMINY résidant à Blois en est l’Evêque. Notre Paroisse se compose de 27 clochers.

Agenda de la Paroisse

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Contacts

Presbytère de Montoire: 02 54 86 54 02
Courriel: 
paroissedemontoire@gmail.com 
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